Ce mini-roman journalistique a été créé dans le cadre d’un travail de mémoire réalisé lors de mon master en journalisme et communication à l’Académie du journalisme et des médias de Neuchâtel.
Le récit prend place en l’an 2080 et retrace la pandémie de coronavirus à travers les yeux d’Elisa une grand-mère de l’an 2080, qui avait 25 ans en 2020. Celle-ci raconte ses souvenirs de jeunesse à Alice, sa petite fille. Pourquoi? Car ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui raconteront aux futures générations leurs souvenirs propres de cet événement marquant, participant ainsi à la construction d’une mémoire collective, nommée dans le cadre de ce projet « Mémoire pandémique ». Alors, que pourront-ils bien raconter? La question a été posée à plusieurs témoins, qui ont inspiré les personnages de ce récit. Parmi eux, une étudiante qui fêtait ses 25 ans en 2020, dont les propos ont été recueillis en janvier 2022. Les autres témoignages alimentant l’histoire sont tirés d’un journal de bord tenu par un groupe de cinq professeures lors du premier semi-confinement en mars 2020. Toutes racontent leurs expériences, angoisses, solitude… sentiments qui peuvent faire écho aux ressenti de nombreuses personnes. À ce titre, ce projet, qui se cantonne principalement à relater de faits survenus en Suisse, n’a pas l’ambition de retracer l’entièreté de la pandémie, mais plutôt de garder une trace de cette crise mondiale à travers les yeux de celles et ceux qui l’ont vécue.
L’idée de la pandémie une narration romancée basée sur des faits et témoignages réels repose sur deux raisons. Premièrement, la fiction offre la possibilité de revenir sur une histoire que nombre d’entre nous connaissent déjà de manière divertissante, tout en y découvrant des nouvelles facettes davantage centrées sur les vécus et les émotions des témoins. Un aspect qui a été, selon moi, relayé au second plan lors du traitement médiatique initial de la pandémie. Deuxièmement, le journalisme narratif permet aussi de rassembler plusieurs témoignages en un seul personnage, le but étant non pas de souligner « qui a dit quoi », mais de faire ressortir certaines grandes tendances sociétales exprimées par les témoins. Dans le cas de ce récit, les témoins ont par exemple partagé maintes fois leur désarroi quant aux restrictions sanitaires. Celui-ci est traduit dans les personnages d’Elisa et de Mélissa.
« Souviens-toi, Mémoire pandémique » est une histoire proposée sous le format d’un longform numérique. Celui-ci permet de dérouler le récit de manière simple (il suffit de le faire défiler avec sa souris d’ordinateur), aérée et divertissante (au fur et à mesure du défilement, des images apparaissent et s’animent). À ce titre, j’ai collaboré avec Maude Renevier, qui a réalisé les illustrations, et Alexandre Zürcher, qui a créé et mis en forme le site web. Cette collaboration reflète selon moi un journalisme moderne, à travers lequel le journaliste ne fait pas qu’écrire, mais doit aussi travailler en équipe avec des professionnels qui l’aideront à présenter et diffuser son contenu.
Nora Foti,
Master en journalisme et communication,
Université de Neuchâtel